Souvent, on me demande que visiter à Chartres si on passe plusieurs jours ? C’est le moment où la guide sourit… car il y a tant à voir dans la jolie cité au coeur de la Beauce. Plusieurs jours : mais c’est La cathédrale, évidemment ! Mais prévoyez de vous attarder un peu dans notre ville… Entre les églises, les musées, les maisons anciennes et les promenades au bord de l’Eure, il y a de quoi remplir quelques belles journées.
J’ai donc choisi dix lieux que j’aime faire découvrir, avec, pour chacun, un coup de cœur. Une œuvre, un détail, une histoire humaine… et parfois une bonne raison de regarder un peu plus longtemps… de flâner… de découvrir.
1. La cathédrale de Chartres bien sûr !
Mon coup de cœur : le bleu de Chartres. Ce fameux bleu des verrières du 12e siècle, que l’on retrouve notamment dans Notre-Dame de la Belle Verrière. On en parle beaucoup, parfois avec un peu de mystère… Pourtant, les verriers avaient bien une recette ! Je vous en raconte davantage dans mon article consacré au bleu de Chartres.


2. Le trésor de la cathédrale
La visite se poursuit dans la chapelle Saint-Piat, qui accueille le trésor de la cathédrale. Vous verrez ici de nombreux objets offerts au fil des siècles : que ce soit de l’orfèvrerie, des broderies, des objets liturgiques : derrière chaque pièce, on retrouve des gestes, des croyances et des savoir-faire. La chapelle elle-même mérite déjà le détour… et pour tout vous dire : en visite, je passe beaucoup de temps à décrire les vitraux 14e siècle de la partie haute. Quelle lumière ! Et en bas, hop : redécouverte des éléments du jubé de la cathédrale.
Mon coup de cœur : le tabernacle de Saint-Aignan. Cette œuvre des environs de 1200 associe le bois, l’or, le cuivre et les émaux de Limoges. Regardez ses petits personnages, les anges, les apôtres… La finesse du travail donne envie de s’approcher encore. Huit siècles nous séparent des artisans qui l’ont réalisé : voilà qui mérite bien quelques minutes d’attention.
3. Le musée des Beaux-Arts de Chartres
Juste derrière la cathédrale, le musée des Beaux-Arts occupe l’ancien palais des évêques. Bien sûr, le site et ses jardins méritent largement le détour, mais je vous invite à prendre le temps d’entrer : les peintures, sculptures et autres objets d’art réservent de belles surprises. Le musée organise régulièrement des expositions de grande qualité avec une approche artistique et pédagogique très intéressante.
Mon coup de cœur : les émaux de Léonard Limosin. Douze apôtres, réalisés au 16e siècle sur commande de François Ier. Rien que cela ! J’aime la précision des visages, les couleurs, les détails des vêtements. Et pour retrouver le roi, cherchez sa salamandre… Cet ensemble mérite un article à lui seul.


4. La maison Picassiette
Il faut s’éloigner un peu du centre pour découvrir la maison de Raymond Isidore. La maison Picassiette est un magnifique exemple d’art naïf. Avec des morceaux de vaisselle, de verre et de faïence, celui qu’on avait surnommé Picassiette a peu à peu recouvert les murs, les meubles, puis prolongé son travail dans le jardin. Il a rêvé sa maison… et il l’a faite à son idée.
Mon coup de cœur : les photographies de Robert Doisneau. Elles permettent de rencontrer Raymond, mais aussi Adrienne, son épouse. Cette maison était leur lieu de vie ! Ces images me touchent parce qu’elles remettent les habitants au milieu des mosaïques. J’en parle dans mon article sur Robert Doisneau et Picassiette.
5. L’église Saint-Pierre
Dans la ville basse, Saint-Pierre rappelle l’importance de l’ancienne abbaye Saint-Père-en-Vallée. On parle beaucoup des vitraux de la cathédrale… mais descendez donc jusqu’à Saint-Pierre ! Cette grande église gothique a de quoi retenir votre attention, notamment lorsque la lumière traverse ses verrières.
Mon coup de cœur, ce sont les vitraux du 14e siècle, tout là-haut, dans les fenêtres de la nef. On y retrouve la vie du Christ et des saints. Et si vous regardez bien, les gestes des personnages, leurs attitudes, les petits détails des décors racontent beaucoup de choses. J’avoue avoir un faible pour ces histoires qu’il faut prendre le temps de déchiffrer…


6. L’église Saint-Aignan
Dans l’église Saint-Aignan, la couleur est partout : sur les murs, dans les vitraux, jusqu’à sur la voûte de bois. Et puis, dans l’église Saint-Aignan, plusieurs époques se côtoient dans les fenêtres. Il y a les belles verrières Renaissance, bien sûr… mais regardez aussi celles du XIXe siècle !
Mon coup de cœur va aux vitraux de l’atelier Lorin. Les visages, les petites scènes, les bâtiments peints à l’arrière-plan… il y a un travail fou dans ces détails. J’aime m’y attarder. Et puis, ce sont nos verriers chartrains qui ont réalisé cela : une belle occasion de regarder leur travail de près ! Pour découvrir cette maison chartraine et ses savoir-faire, je vous invite à visiter le site des ateliers Lorin aujourd’hui en restauration.
7. Le Centre international du vitrail
A quelques pas de la cathédrale, poussez la porte du Centre international du vitrail. Pour une fois, les œuvres sont à hauteur des yeux ! On peut regarder de près les verrières Renaissance, s’arrêter sur un visage, un détail du vêtement… toutes ces petites choses qu’on aimerait bien voir dans les églises, mais qui sont souvent un peu haut pour nous.
Mon coup de cœur : le lieu lui-même, dans l’enclos de Loëns. L’ancienne grange dîmière et le cellier rappellent une autre activité du chapitre cathédral : on y entreposait les céréales et le vin perçus comme redevances. Voilà un bâtiment dont l’histoire mérite autant d’attention que les œuvres qu’il accueille.


9. La ville haute et ses maisons remarquables
Une porte sculptée, une façade qu’on n’avait jamais vraiment regardée… il y a de quoi s’arrêter dans la ville haute ! Faites notamment un détour par l’hôtel Montescot, aujourd’hui intégré à l’hôtel de ville. Sa cour et ses façades du début du 17e siècle méritent bien qu’on s’y attarde.
Mon coup de cœur : le Chartres des années 1900. J’aime retrouver cette ville des promenades sur les boulevards et des soirées au théâtre. Celui-ci était déjà là depuis 1861 ! Avec les belles demeures alentour, on imagine assez bien les spectateurs arrivant pour la représentation, puis les conversations à la sortie… J’avoue que ce Chartres-là me plaît beaucoup.