Si à Reims, l’Ange au sourire est une célébrité. Mais avez-vous déjà regardé les sourires des sculptures de la cathédrale de Chartres ? Car, ici, certains méritent le détour.
Pendant mes visites, j’aime m’arrêter devant celle que l’on appelle traditionnellement la reine de Saba, au portail central du portail Royal. Et souvent, les visiteurs penchent la tête : « Mais… elle sourit ! » Oui. Et quel sourire ! Fin, presque moqueur. Elle a ce petit air qui me fait penser à Mona Lisa.

Le sourire de la reine de Saba dans les sculptures de la cathédrale de Chartres
Autour d’elle, les autres personnages paraissent plus austères. On croirait que certains boudent un peu. Mais elle, manifestement, non ! Et ce n’est pas le jeune roi au sourire béat de la baie de droite qui démentira cela. Sur l’ensemble du portail Royal de la cathédrale de Chartres, on peut observer les débuts de la sculpture gothique. Nous sommes au milieu du XIIe siècle. Les corps restent allongés, très liés aux colonnes, mais les visages ont chacun leur expression. Regardez également les voiles, les coiffures et les plis des vêtements : les sculpteurs ont soigné bien des détails que l’on ne voit pas forcément au premier coup d’œil. Un sourire moins innocent au portail nord Dans la scène traditionnellement associée à Joseph et à la femme de Putiphar, au portail nord, c’est un tout autre sourire qui apparaît. Celui de la tentation. La femme cherche à séduire Joseph et, devant son refus, l’accusera auprès de son mari. À ses côtés, un petit démon semble beaucoup s’amuser de l’affaire. Regardez-le bien ! Sa grimace nous fait sourire, même si le récit, lui, n’a rien de drôle pour Joseph.



Les sourires de Marie et de l’Enfant
À l’intérieur, il y a cette scène que j’aime montrer dans la clôture du chœur : l’Adoration des mages. L’Enfant Jésus y sourit franchement, presque avec espièglerie. Marie sourit également, tandis que les rois présentent leurs cadeaux. Cette sculpture date des environs de 1525. Près de quatre siècles la séparent donc de notre reine du portail Royal. Les attitudes ont changé, les personnages sont plus mobiles et leurs gestes plus familiers. Mais le plaisir de découvrir leurs expressions reste le même. Ces sourires-là, je ne m’en lasse pas. On connaît la scène, on est passé devant plusieurs fois… et l’on peut encore s’arrêter sur un visage que l’on avait à peine regardé. Poursuivre dans le trésor de la cathédrale Le parcours du trésor permet aussi d’admirer des sculptures originales déposées du portail Royal et des reliefs de l’ancien jubé du XIIIe siècle. C’est l’occasion de voir de près les visages et les détails de leur réalisation, mais aussi les traces de peinture encore conservées. Car ces sculptures étaient autrefois colorées !


Une visite autour des sculptures de la cathédrale de Chartres et de sa remarquable statuaire
Du portail Royal à la clôture du chœur, les sculptures de la cathédrale de Chartres permettent de parcourir plusieurs siècles d’histoire de l’art, du XIIe au XVIIIe siècle. Je vous propose une visite sur cette thématique, avec la possibilité de poursuivre la découverte dans le trésor. Les gestes et les expressions des personnages peuvent également nous accompagner lors d’une visite symbolique de la cathédrale de Chartres. Pourquoi ce sourire, cette grimace, cette attitude ? Nous prendrons le temps de les regarder ensemble.
Vous êtes en individuels et vous souhaitez découvrir la cathédrale de manière approfondie lors d’une visite « dans le détail » ? N’hésitez pas à nous rejoindre !
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